Avertissement : cet article présente le bilan dissociatif proposé par Atypikia, construit autour de trois protocoles cliniques (DES-B, DES-II, SDQ-20) validés par la littérature internationale. Il ne pose aucun diagnostic. Si vous traversez une période de détresse intense, le 3114 (prévention du suicide, gratuit, 24h/24) et le 15 restent les premiers recours.
Le TDI est devenu l'un des sujets les plus viraux de la santé mentale en ligne. Et l'un des plus mal compris.
Si vous avez passé du temps sur YouTube ou TikTok ces derniers mois, vous l'avez croisé. Des témoignages de personnes qui vivent avec plusieurs identités distinctes à l'intérieur d'un même corps. Des millions de vues. Des commentaires qui oscillent entre fascination, incrédulité et hostilité.
Le Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI), anciennement appelé « trouble de la personnalité multiple », est devenu l'un des sujets les plus discutés, et les plus clivants, de l'espace santé mentale en ligne. Avec lui, son cortège de controverses.
Précision avant de continuer : non, cet article ne parle pas du Turbo Diesel Injection. Même si, avouons-le, une Peugeot 307 HDi qui refuse de démarrer le lundi matin présente aussi des symptômes dissociatifs assez convaincants. Ici, on parle du TDI psychiatrique, et c'est sérieux.
0,5 à 3 %
Prévalence estimée du TDI
DSM-5-TR, littérature clinique
6 à 12 ans
D'errance avant diagnostic correct
Nijenhuis, ISSTD guidelines
3 protocoles
Croisés dans le bilan Atypikia
DES-B · DES-II · SDQ-20
Chapitre 1 : Un trouble sous les projecteurs
En France, c'est notamment le podcast LEGEND de Guillaume Pley qui a mis le TDI sur le devant de la scène grand public. Deux épisodes sont devenus viraux : celui d'Alice, qui vit avec 13 identités, et celui d'Ava, qui en compte 30. Des millions de vues. Des récits bouleversants, souvent complexes à entendre, et qui ont déclenché des réactions très vives des deux côtés du spectre.
Les deux témoignages LEGEND, en vidéo :
Ces témoignages ont été salués par certains pour leur courage et leur utilité à briser le silence. Ils ont été décriés par d'autres, parfois jusqu'à des pétitions demandant leur suppression, au motif qu'ils favoriseraient une identification abusive à un trouble rare et complexe.
La question est légitime. Le TDI souffre depuis des années d'un problème d'image à double face : soit il est ignoré, soit il est spectacularisé. Rarement expliqué.
Chapitre 2 : Ce que dit réellement la littérature clinique
Le TDI est reconnu par le DSM-5-TR (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) sous le code F44.81. Il se caractérise par la présence d'au moins deux états d'identité distincts (les « alters »), qui prennent alternativement le contrôle du comportement et de la conscience de la personne, souvent accompagnés d'amnésies dissociatives.
Ce n'est pas un trouble inventé par les réseaux sociaux. Il est documenté dans la littérature psychiatrique depuis les années 1980, et sa prévalence est estimée entre 0,5 et 3 % de la population générale selon les études, ce qui en fait un trouble rare, mais pas exceptionnel.
Ce qui est en revanche avéré, c'est qu'il est massivement sous-diagnostiqué : les personnes atteintes attendent en moyenne 6 à 12 ans avant de recevoir un diagnostic correct, souvent après avoir été orientées vers des troubles de l'humeur, des psychoses ou des troubles anxieux.
Il est également établi que le TDI est, dans l'immense majorité des cas, une réponse à des traumatismes sévères et répétés survenus dans l'enfance (entre 0 et 8 ans). Ce n'est pas un caprice, une mode, ni une construction narrative : c'est un mécanisme de survie que le cerveau développe face à ce qui le dépasse.
« La dissociation n'est pas pathologique en soi. Elle devient problématique quand elle envahit le quotidien et fragmente le sens continu de soi. »
DSM-5-TR, Troubles dissociatifs
Trois ressources vidéo pour aller au-delà du spectacle médiatique :
Chapitre 3 : Les 3 protocoles que nous utilisons
Atypikia a construit son bilan TDI autour de trois outils cliniques complémentaires, tous validés dans la littérature internationale.
DES-B – Dissociative Experiences Scale, version Brief
Développée par Dalenberg & Carlson (2010), la DES-B est une version condensée de la DES-II qui évalue 8 phénomènes dissociatifs sur les 7 derniers jours : dépersonnalisation, amnésie, voix internes perçues comme distinctes, déréalisation, identité fragmentée. Elle capture l'état dissociatif récent, indépendamment du profil de vie entière.
DES-II – Dissociative Experiences Scale, version II
Référence mondiale du dépistage dissociatif, la DES-II (Bernstein & Putnam, 1986, révisée 1993) explore 28 situations dissociatives sur l'ensemble de la vie. Elle se décompose en trois sous-échelles (amnésie, absorption, dépersonnalisation/déréalisation) et comprend le DES Taxon, les 8 items les plus spécifiques d'une dissociation pathologique. Selon Waller et al. (1996), un score taxon ≥ 45 % est associé à une probabilité élevée de TDI ou trouble dissociatif complexe dans la littérature clinique.
SDQ-20 – Somatoform Dissociation Questionnaire
Développé par Nijenhuis et al. (1996), le SDQ-20 mesure 20 symptômes somatiques associés à la dissociation : analgésie émotionnelle, perturbations sensorielles, mouvements involontaires, troubles de la parole ou de la déglutition. Il part du principe que la dissociation ne se limite pas à la psyché : le corps en porte aussi la trace. Le score moyen observé chez les personnes avec TDI avéré est de 55/100 (Nijenhuis, 2004, seuil clinique ≥ 30).
Ces trois outils combinés permettent d'obtenir un profil dissociatif multi-dimensionnel : ce que la personne vit maintenant (DES-B), ce qu'elle a vécu sur toute sa vie (DES-II), et comment son corps l'exprime (SDQ-20). Le delta entre les deux premiers indicateurs est lui-même cliniquement informatif : un écart important suggère un profil fluctuant ou un contexte récent différent du profil habituel.
Chapitre 4 : Pourquoi Atypikia a choisi d'ajouter ce bilan
À notre connaissance, Atypikia est la seule plateforme, en France comme à l'international, à proposer gratuitement un pré-dépistage TDI combinant trois protocoles validés scientifiquement (DES-B + DES-II + SDQ-20) dans une analyse croisée.
Ailleurs, ces échelles existent isolément. Ici, elles parlent ensemble.
Atypikia n'a pas pour mission de trancher les débats cliniques. On n'est ni médecin, ni psychiatre, ni neuropsychologue. Ce qu'on est, c'est un outil de pré-dépistage, un pont entre le silence et la consultation.
Le TDI est-il surreprésenté sur les réseaux sociaux ? Probablement. Y a-t-il des personnes qui s'identifient à ce trouble sans en remplir les critères ? Sans doute aussi. Ces questions sont légitimes et méritent d'être posées.
Mais il y a aussi des personnes (et elles sont réelles, et elles sont nombreuses) qui vivent des expériences dissociatives intenses depuis des années, sans jamais avoir eu accès à un outil pour mettre des mots dessus. Qui ont vu des médecins généralistes qui n'ont pas su identifier ce qu'elles décrivaient. Qui ont attendu des années une orientation vers un spécialiste en psychotraumatologie.
Ces personnes méritent un outil sérieux, construit sur des protocoles validés, plutôt que de devoir se fier à des vidéos TikTok ou des groupes Facebook pour comprendre ce qui leur arrive.
C'est pour elles qu'Atypikia a ajouté le bilan TDI.
Chapitre 5 : Ce que ce bilan est, et ce qu'il n'est pas
On tient à être transparents. Voici ce que ce bilan fait et ce qu'il ne fera jamais :
- Ce bilan ne pose pas de diagnostic. Seul un professionnel de santé peut le faire, à l'issue d'une évaluation clinique structurée (SCID-D, MID).
- Il peut indiquer des niveaux d'expériences dissociatives qui méritent une orientation vers un spécialiste en psychotraumatologie ou en psychiatrie dissociative.
- Un score élevé ne signifie pas que vous avez un TDI. Un score faible ne signifie pas que vous n'en avez pas. C'est un outil d'orientation, pas une vérité absolue.
- Si vous traversez une période de détresse intense, le 3114 (prévention du suicide, gratuit, 24h/24) et le 15 restent les premiers recours.
Pourquoi combiner DES-B + DES-II + SDQ-20 ?
Chaque protocole éclaire un angle différent : les expériences dissociatives quotidiennes (DES-II), la dissociation somatoforme (SDQ-20, les manifestations corporelles), et le dépistage bref (DES-B) comme filtre de première lecture. Les combiner permet de repérer des profils qu'un protocole seul laisserait passer, et d'éviter les faux positifs liés à une lecture trop étroite.
Envie de faire le bilan dissociatif ?
Le test est gratuit. Seule l'analyse détaillée croisée (rapport PDF) est disponible en version complète.
Faire le bilan TDI →Conclusion
Le TDI n'est ni un phénomène de mode, ni une invention de TikTok. C'est un trouble documenté depuis quarante ans, sous-diagnostiqué massivement, et dont la médiatisation actuelle fait autant de bien (en brisant le silence) que de mal (en simplifiant à l'extrême).
Atypikia ne prétend pas apaiser le débat. On propose juste un outil clinique sérieux, aux personnes qui en ont besoin, pour qu'elles puissent se situer avant de solliciter un professionnel. Ni plus, ni moins.
Lire aussi sur Atypikia :
ASRS, RAADS, PHQ-9 : nos tests sont-ils fiables ? Comment choisir un neuropsychologue TDAHAtypikia est une plateforme indépendante de pré-dépistage des troubles neuroatypiques. Le bilan TDI croise trois protocoles cliniques validés (DES-B, DES-II, SDQ-20). Atypikia n'est ni un dispositif médical, ni un cabinet, ni un substitut à un avis clinique.
Sources et références cliniques
- American Psychiatric Association, DSM-5-TR (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e édition révisée), 2022.
- Bernstein E.M., Putnam F.W., « Development, reliability, and validity of a dissociation scale », Journal of Nervous and Mental Disease, 1986.
- Dalenberg C.J., Carlson E.B., « The Dissociative Experiences Scale – Brief (DES-B) », Springer, 2010.
- Nijenhuis E.R.S. et al., « The development and psychometric characteristics of the Somatoform Dissociation Questionnaire (SDQ-20) », 1996.
- Waller N.G., Putnam F.W., Carlson E.B., « Types of dissociation and dissociative types : A taxometric analysis of dissociative experiences », Psychological Methods, 1996.
- International Society for the Study of Trauma and Dissociation (ISSTD), Guidelines for Treating Dissociative Identity Disorder in Adults, 3e révision.
- Nijenhuis E.R.S., Somatoform Dissociation, Norton Professional Books, 2004.